Après le bouclage d’un premier tour du monde en avion solaire de Solar Impulse sur près de 40 000 km sans carburant, c’est un nouveau projet d’avion solaire qui prend son envol avec SolarStratos. Tout aussi suisse que son prédécesseur, il a effectué son premier vol depuis l’aéroport de Payerne ces derniers jours.

Un avion solaire qui vise un record d’altitude dans la stratosphère

Si l’on décompose le nom du prototype Solarstratos, on comprend via « stratos » le lien avec l’objectif d’altitude, à l’instar de Solar Impulse qui visait davantage la distance dans un tour du monde par escales. Le prototype est en phase d’essai première, avec un premier vol effectué depuis le canton de Vaud par le pilote Damian Hischier, sur 7 minutes. Si l’altitude maximale atteinte lors de ce vol était de 300m, l’expérimentation s’est très bien déroulée, avec le regard bienveillant de Bertrand Piccard, le pilote de Solar Impulse dont la base est également située Payerne. Ensuite, il s’agira de répondre à l’objectif d’atteindre 80 000 pieds soit 24 000 mètres d’altitude, pour le prototype biplace de 25m d’envergure et seulement 450 kg. Aucun avion ne sait voler aussi haut (altitude moyenne en deçà des 40 000 pieds), le vol est donc risqué. Propulsé par un moteur électrique alimenté par ses ailes recouvertes de panneaux solaires (22m2 pur une autonomie de 24h), il devra réaliser un voyage jusque la stratosphère d’environ cinq heures, dont deux heures et demi pour son ascension.

Une combinaison d’astronaute pour le voyage en avion solaire

Si le prototype a été construit et dessiné par l’allemand Calin Gologan de la société Elektra Solar, réputée pour la conception d’appareils ultralégers pour tenir la distance notamment, c’est l’écoaventurier suisse Raphaël Domian qui l’a imaginé. Ce dernier, qui s’était déjà lancé dans le premier tour du monde à énergie solaire via le catamaran PlanetSolar, souhaite s’élancer dans le premier vol stratosphérique avec l’appareil en 2018, pour voir les courbures de la Terre. Néanmoins, à 25 km d’altitude, la pression atmosphérique est bien différente de celle que nous connaissons, et la température avoisine les -70°. Sans pressurisation pour garder un poids optimum, l’appareil oblige ainsi le pilote à être équipé d’une combinaison d’astronaute. Celle là aussi par ailleurs, devra fonctionner exclusivement à l’énergie solaire. D’autres vols d’essai vont rapidement suivre, afin d’atteindre les sommets escomptés, et rivaliser avec le record d’altitude des 10 000 mètres détenu par Solar Impulse. Une épopée belle que nous comptons bien suivre.

Ecrit par Ecorenove