La chimie constitue une source importante d’innovation et de développement dans une pluralité de domaines d’activité. A l’heure de la transition écologique, celle-ci prend aujourd’hui un nouveau virage pour répondre aux défis environnementaux et climatiques, avec l’essor de la chimie verte et de la chimie végétale. Partenaires du développement durable, elles œuvrent pour la prévention de la pollution, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la conception de produits plus sûrs, pour la santé et la planète.

La chimie végétale comme alternative à la pétrochimie

L’objectif de la chimie verte est d’appliquer les principes du développement durable à la chimie, notamment en n’utilisant que des matières premières renouvelables. Au sein de la chimie verte, on retrouve ensuite la chimie végétale, exploitant exclusivement les végétaux pour élaborer des produits biosourcés.
La chimie verte et végétale constituent ainsi une véritable filière industrielle stratégique. D’une part, le fait de recourir à des ressources renouvelables contribue à limiter les émissions de CO2 et donc à agir contre le réchauffement climatique : dans le cas des bioplastiques par exemple, cela peut varier entre 30 à 75% d’émissions de CO2 en moins ! De plus, la chimie verte permet de limiter la dépendance au pétrole, en concevant des produits alternatifs et moins toxiques que ceux issus de la pétrochimie. L’utilisation de produits naturels rend également possible l’éviction de molécules dangereuses, banalisées par la chimie traditionnelle : un geste pour réduire notre impact environnemental mais aussi pour notre santé !
Les champs d’application de la chimie végétale sont aussi vastes que ceux de la chimie traditionnelle : les cosmétiques, les carburants, les emballages… Pour reprendre le cas des bioplastiques, il s’agit d’une avancée de poids qui illustre tout le potentiel de la chimie verte : en effet, ceux-ci sont non-seulement issus de matières premières renouvelables mais également biodégradables. Par ailleurs, leurs déchets peuvent être valorisés via le compostage ou la méthanisation, ce qui en fait une solution d’avenir pour la gestion des déchets !

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Perspectives et défis de la chimie végétale

Le secteur de la chimie végétale est aujourd’hui en pleine croissance. En effet, alors qu’en 2011 la part de matières premières d’origine végétale n’était que de 11%, celle-ci devrait monter à 15% d’ici 2017 ! Le chiffre d’affaire généré par la chimie végétale devrait doubler d’ici 2020, pour atteindre 340 milliards d’euros. Au niveau de l’emploi, l’ADEME recensait en 2012 pas moins de 23 000 emplois liés à la chimie verte, regroupant des chercheurs, des industriels mais également des forestiers ou des agriculteurs : un chiffre qui devrait lui aussi progresser.
Tout n’est pas rose pour autant, et la chimie végétale va devoir contourner plusieurs barrières pour devenir une industrie compétitive et exploitable à grande échelle. Tout d’abord, les produits biosourcés, dont les coûts de production sont encore élevés, vont devoir devenir concurrentiels par rapport aux produits pétroliers : pour cela, il faut notamment compter avec la volatilité des prix et de la disponibilité des matières premières, dépendant étroitement de la météo.
De plus, l’exploitation de matières premières végétales pose la question du conflit autour de l’usage des terrains agricoles et du risque de concurrence entre les différentes filières de valorisation de la biomasse : le bois énergie, les agrocarburants, l’alimentation ou la chimie, tous s’intéressent aux mêmes ressources !

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Ecrit par Ecorenove