L’énergie solaire est celle qui accueille le plus de sentiments positifs sur le territoire français. Après des années en demi-teinte, les acteurs de la filière sont plutôt optimistes quant au développement de celle-ci ces dernières années, notamment via les avancées législatives qui ont permis le développement du photovoltaïque. La loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015 (LTECV) a notamment ouvert de nouvelles perspectives quant au déploiement de nouveaux modèles de rémunération de l’énergie verte ou d’autres modèles d’affaires comme l’autoconsommation. En réponse à de fortes ambitions, faisant du photovoltaïque un des centre névralgique de la transition énergétique française, la filière du solaire devrait donc en 2023 se situer à peine sous celle de l’éolien et de l’hydroélectricité, et permettrait de créer 10 000 emplois en sus d’ici là.

L’énergie solaire comme vecteur majeur d’emploi ces prochaines années

Avec l’impulsion de la ministre de l’énergie Ségolène Royal, le solaire devrait doper sa course et ravir les professionnels du secteur : ces derniers estiment à 10 000 le nombre d’emplois en plus qui pourraient voir le jour d’ici 2023, chose qu’ils espèrent bien être entendue par les candidats à l’élection présidentielle, pour rester dans les priorités gouvernementales. C’est en ce sens que le syndicat professionnel Enerplan a commandité une étude prévisionnelle à un groupement de cabinets : celle-ci vise la valorisation des retombées socio-économiques de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie), et le chiffre d’affaires qu’elle sera susceptible également d’apporter en plus à la filière. Le président d’Enerplan précise qu’au total, c’est près de 25 000 emplois « pérennes et non délocalisables » qui pourraient voir le jour d’ici à 2023.

Un fort développement du photovoltaïque en prévision

Le plan de développement verrait donc la création de 10 000 emplois dont 62% d’emplois directs selon les informations des Echos, venant s’ajouter aux 11 500 emplois qui courent actuellement. Les appels d’offres récurrents permettent de valoriser un objectif pour le photovoltaïque d’arriver entre 18,2 et 20,2 GW installés en 2023, et donc entre 11 et 13 GW de prévu de plus qu’à l’heure actuelle. Des milliers d’emplois en plus pourraient voir le jour si le parc solaire parvenait à atteindre les 22 GW en 2023, permettant en parallèle aux collectivités locales de voir de nouveaux revenus dans leur escarcelle, estimés à 128 millions d’euros par an à compter de 2023, et avec des recettes fiscales annuelles encore plus élevées. L’idée est également de pouvoir se désolidariser d’un soutien public quelconque d’ici à 2025 fonction de l’ensoleillement de certains lieux : dans cette optique l’étude montre du doigt une baisse des coûts globaux pour les collectivités quant aux installations solaires, qui sont majoritairement subventionnées aujourd’hui ; le soutien passerait de 76€ par mégawattheure à 51€ en 2023 par exemple, en considérant le coût à venir de l’électricité solaire.

Et le solaire thermique ?

L’étude comprend un volet sur le solaire thermique, qui montre que les coûts devraient stagner versus une plus franche baisse entre 2010 et 2015. Si la filière se structure davantage, le solaire thermique collectif possède en revanche un fort potentiel : celui d’être compétitif dans le giron des solutions alternatives dans le sud de la France, dès 2019. La prise en compte de la réglementation énergétique dans le neuf, ainsi que la « bonne » diffusion de la stratégie bas carbone pour abaisser les émissions de CO2 dans le parc bâti, permettrait de faire tout autant décoller la filière qui comprend à date environ 1500 salariés. Si l’objectif est plus incertain, les possibilités sont là. En effet, dans un communiqué commun récent, Enerplan Qualit’EnR et Uniclima soulignent que le solaire thermique pour la production d’eau chaude sanitaire ou pour le chauffage, est un des meilleur service en terme d’efficacité énergétique. L’association Qualit’EnR, pour appuyer cette qualité d’installation, va donc proposer une toute nouvelle formation en ligne au mois de mars, quant à l’étiquetage énergétique des équipements. Enfin, il est à noter que pour pallier son retard en matière d’installation de chauffe-eau solaires, la Corse, qui jouit d’un potentiel naturel fort en la matière, s’est dotée récemment d’une charte pour relancer la filière.

Ecrit par Ecorenove