En France et dans le monde, des solutions alternatives comme le crowdfunding se développent pour financer la transition énergétique et les projets liés aux énergies renouvelables. L’essor de l’économie collaborative, qui prend de plus en plus d’importance dans le quotidien de tous depuis près d’une décennie, est symptomatique d’une nouvelle dynamique.

Economie collaborative et Crowdfunding

Née de la confluence entre mouvements citoyens et innovation digitale, l’économie collaborative met en valeur de nouvelles façons de consommer, un choix de société, ainsi que l’émergence de nouveaux modèles. La France est particulièrement investie dans les projets attenants à celle-ci, et on peut également compter de nombreuses success stories issues de cette mouvance. Si certaines initiatives sont plus collaboratives dans la forme que dans le fond par ailleurs (les Blablacar ou Airbnb versus Enercoop comme société coopérative d’intérêt collectif par exemple), il n’empêche que que cela montre que nous pouvons consommer éthique ou responsable, et donc mieux. Avec l’explosion de ce modèle dans différents secteurs d’activités, c’est donc logique qu’il touche également la finance avec le crowdfunding. Le crowdfunding permet de faire appel à une communauté d’internautes pour dégager des fonds, sans nécessairement avoir besoin de recourir à un organisme de financement classique. Cette nouvelle façon de financer ses projets, est une petite révolution qui a permis de voir de nombreuses initiatives en faveur de la transition énergétique. En effet, de nombreuses plateformes de crowdfunding dédiées aux énergies renouvelables ont vu le jour ces dernières années, et le développement de projets financés par ce biais poursuit une belle progression.

Transition énergétique et crowdfunding

Avec la mise en oeuvre d’une fiscalité plus favorable en faveur des particuliers, en assouplissant les capacités en terme de levées de fonds, les plateformes de crowdfunding, encouragées par les politiques publiques malgré un cadre légal incertain à ses débuts, se développe sous différentes formes. Pour financer les projets liés aux énergies renouvelables, différentes entités dédiées existent donc parmi les près de 140 plateformes existantes. La première du genre est apparue en 2012, il s’agit de Lump, rapidement suivie par Enerfip et Lendosphère. La dernière du genre née en 2016 est Green Channel, du groupe Engie. Si ces plateformes connaissent un certain succès, c’est que passer aux énergies vertes est très coûteux, et malgré les nombreuses initiatives mises en place par l’Etat pour favoriser cette transition, ce n’est pas suffisant. Le financement participatif vise donc ici à valoriser une transition « par tous et pour tous ».

Attention néanmoins car l’approche locale de la transition énergétique n’est pas obligatoirement compatible avec le développement du crowdfunding qui doit élargir sa base d’investisseurs potentiels ; tout dépend donc des valeurs des particuliers, et la place qu’ils souhaitent prendre dans les projets en tant que citoyens. La plateforme Citizenergy permet par exemple de financer un projet de l’autre côté de l’Europe, sans lien entre les investisseurs et la localisation concernée, là ou d’autres vont encourager l’investissement local via la mise en place de taux bonifiés, ou en plébiscitant l’investissement local exclusivement. En cela il n’existe pas un crowdfunding mais bien des crowdfunding.

Pour concilier un idéal de projet, il faut bien se renseigner sur la place accordée aux citoyens également, sachant que la majeure partie des porteurs de projets qui ont pu faire appel à ces plateformes, avaient l’optique première de financer leur dette, celle là ne donnant la place à aucune forme de gouvernance par ses investisseurs. Cela étant dit, il s’agit d’un complément appréciable en guise de financement, pour prendre part directement ou indirectement, à la gouvernance de ces projets. Et de l’autre côté, la chose peut répondre à l’envie simple de nombreux citoyens d’utiliser à bon escient une épargne en favorisant des projets avec un impact environnemental et social positif. Pour garantir l’aspect social et solidaire de sa plateforme, Lumo a par exemple mis en place une charte : les projets soutenus respectent donc des besoins comme l’ancrage local et la transparence du fonctionnement.

Un placement rentable en faveur de l’environnement

Investir dans des projets d’énergies renouvelables peut être rentable puisque le placement est, la plupart du temps, peu risqué, au delà d’offrir une rémunération attractive : entre 3% et 8% fonction des projets de prêts. S’il doit concerner un financement de dette, il sera conseillé de mutualiser ce dernier avec un autre type de financement. Du reste qu’il soit relatif à un financement rapide pour les porteurs de projets, ou à un moyen d’engager son épargne simplement pour les particuliers, les perspectives de ce modèle sont très intéressantes pour l’avenir des énergies renouvelables. Il répond également de manière attractive à la quête de sens des particuliers comme des professionnels, dans la dynamique ISR (Investissement socialement responsable).

Ecrit par Ecorenove