L’actualité concernant les énergies renouvelables est dense et fait état de nombreuses réflexions globales autour de notre façon de consommer l’énergie, et d’appréhender les enjeux environnementaux. En France comme dans le monde, les choses bougent et s’accélèrent, en dépit de points d’ancrage qui se cherchent parfois encore. Les points suivants montrent que la France cherche encore son modèle énergétique tout en ayant une part du solaire qui se développe fortement dans certains secteurs, mais aussi que les grandes puissances mondiales dopent leurs avancées sur ce sujet précis.

Energies renouvelables : le point sur les chiffres clés en France

Le commissariat général au développement durable a publié très récemment ses derniers chiffres clés concernant l’environnement dans notre pays : qu’il s’agisse de l’état des ressources naturelles, de la biodiversité, du changement climatique, ou des tendances concernant l’énergie, l’état des lieux est complet et révèle notamment une intensité énergétique en baisse (près de 27% entre 1992 et 2015), ainsi qu’une croissance notable de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale de notre territoire. Celle-ci touchait presque 15% à la fin 2015. Malgré une baisse des émissions de gaz à effet de serre (de 16,2% entre entre 1990 et 2014), la France a encore du chemin à parcourir pour atteindre les 40% sur lesquels elle s’était engagée à atteindre d’ici 2030. C’est aussi ce qui est à l’origine de la mise en place de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte à l’été 2015, ainsi que la première stratégie nationale bas carbone adoptée la même année : l’optique est d’accélérer le mouvement. Outre les différentes mesures se poursuivant, il est à noter que la filière solaire photovoltaïque et l’agriculture biologique sont également moteur d’emplois environnementaux qui ont augmenté de 35% entre 2004 et 2014. Entre ces dispositions et l’actualité incertaine quant à l’ensemble du parc nucléaire français (2ème plus important du monde derrière celui des Etats-Unis) sur lequel il va falloir trancher quant aux autorisations d’exploitations à renouveler dès 2019 (et les milliards d’euros en terme de coûts de travaux associés), la France cherche sa route entre ses ambitions énergétiques futures et la facture du passé qu’elle doit gérer.

L’énergie solaire plébiscitée par les français

Si les orientations ont toujours semblé claires, ce qu’il sera de leur mise en place devra donc être précisée. Au delà d’une accélération de la transformation d’un point de vue technologique, il y a aussi un challenge à tenir sur l’évolution des mentalités en terme de consommation énergétique, pour agir au plus vite et au mieux. En effet, sur cette dernière année c’est une capacité solaire et éolienne supérieure à un réacteur EPR qui a été activée (avec plus de 2GW), mais qui reste insuffisante au regard des objectifs fixés par la Commission européenne de 23% d’énergies renouvelables en 2020. Néanmoins, la production d’électricité solaire (et l’éolien) a une tendance de coût toujours en baisse, en témoignent les « microgrids » qui poussent globalement comme des champignons, et dont l’aspect décentralisé montre plus de flexibilité que les grandes centrales nucléaires ou thermiques. Ce modèle commence à séduire chez nous et prend de l’importance, si on considère notamment les nouvelles compétences des régions et métropoles visant à s’approprier le système énergétique d’un point de vue local. La question du coût n’est pas un frein par ailleurs, c’est surtout tout un système avec des structures hiérarchiques figées, qu’il faut aussi mettre en action dans cette optique, et qui peuvent être à l’origine d’une certaine inertie. Dans ce défi la rupture comportementale est aussi importante que le soutien à apporter aux innovations. En ce sens le monde agricole ouvre la voie : dans l’Indre par exemple, des exploitants vantent les bénéfices de l’énergie solaire, grâce à une mutualisation ayant permis de dégager 40% d’économies sur les installations (versus des initiatives individuelles) : le projet, lancé fin 2013, est né par l’observation d’un autre exemple coopératif réussi dans la Vienne, qui avait déjà permis de voir arriver 150 bâtiments de ferme photovoltaïques. L’aspect coopératif est donc moteur du bon développement de ces énergies. L’autoconsommation est aussi une autre tendance qui commence à s’affirmer, source d’opportunités prochaines.

Energie solaire : le monde en action

Au dernier trimestre 2016, c’est plus de 20% de la consommation française, qui est issue des énergies renouvelables versus à peine 15% l’an dernier. Si nous sommes éloignés de nos objectifs, les choses sont en marche et cette année devrait voir encore du mieux. La Commission européenne a aussi accédé à la décision du gouvernement français d’accorder un tarif de rachat pendant 20 ans de l’électricité aux exploitants d’équipements solaires de 100 à 250 KW, et de plus de 250 KW. Trois autres régimes d’aides aux producteurs d’énergie solaire et hydroélectriques viennent compléter le dispositif visant à favoriser plus fortement le photovoltaïque. Aux Etats-Unis, le nombre d’emplois dans l’énergie solaire a littéralement explosé selon l’organisation Solar Foundation, avec une augmentation des postes de 20% par an ces 4 dernières années. Avec des salaires meilleurs que dans le charbon et le pétrole, et au delà d’être considérée comme moins onéreuse et plus fiable de parts et d’autres dans le pays, l’énergie solaire est promise à un bel avenir donc. La chose est d’autant plus évidente au global depuis 2016, marquant l’avènement d’une énergie photovoltaïque devenue moins chère que les combustibles fossiles, dans un peu plus de 30 pays. Du côté de la Chine, 2016 a été une très bonne année pour le photovoltaïque, le pays ayant a minima doublé ses capacités de production. Le plus grand parc photovoltaïque du monde est aussi en projet dans le pays, Pékin s’étant engagé à réduire son intensité carbone significativement d’ici 2030 (de -60 à -65%). Son voisin indien n’est pas en reste : des investissements conséquents sont en cours pour mettre en place la plus importante base photovoltaïque mondiale, afin que l’essentiel de son alimentation électrique soit issue des énergies renouvelables d’ici 2027. Et ça chez Ecorenove, on aime.

Ecrit par Ecorenove