Le XXIème siècle verra la fin de plusieurs énergies fossiles, parmi lesquelles le pétrole et le gaz, suivies d’ici 200 ans par le charbon : un véritable défi énergétique auquel il faudra faire face, puisque 81% de l’approvisionnement en énergie de la planète repose sur ces mêmes énergies fossiles. L’échéance devrait d’ailleurs arriver plus tôt, puisque entre 1970 et 2000, la consommation d’énergie mondiale a doublé et devrait à nouveau doubler d’ici 2050. Pourtant, malgré les discours tenus autour de l’importance d’une transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique, où les énergies fossiles tiennent une part prépondérante, les résultats tardent à arriver.

Un recours majoritaire aux énergies fossiles

Cesser l’utilisation du charbon et du pétrole apparaît comme un impératif dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, François Hollande reconnaissant lui-même que pour le limiter à 2°, il fallait « renoncer à utiliser 80% des ressources d’énergie fossile ». Par ailleurs, en plus d’engendrer des émissions de CO2 élevées, les énergies fossiles ne sont pas renouvelables et ne pourront pas répondre aux besoins énergétiques croissants de la population mondiale, d’où la nécessité d’une transition énergétique où la consommation d’énergie sera réduite et qui fera la part belle aux énergies renouvelables et durables.
Certains acteurs semblent jouer le jeu, certains annonçant limiter leurs investissements dans les énergies fossiles, des villes ou des territoires commençant à orienter leurs politiques d’aménagement urbains en faveur de l’écologie. Pourtant, le recours aux énergies fossiles reste encore largement majoritaire : en 2012, le pétrole et le charbon constituaient 60% de la production d’énergie. Le mix énergétique de la France, lui, est encore composé pour moins de 10% d’énergies renouvelables, contre 40% rien que pour le nucléaire.

mix energetique france 2012

Les blocages autour de la transition énergétique

Alors, comment expliquer que le secteur de l’énergie ne soit pas plus engagé pour le développement durable ?

  • Des entreprises énergétiques peu coopératives : en 2015, le rapport français Nouveau Monde mettait en évidence le rôle des géants de l’énergie dans le faible développement des énergies renouvelables, concluant notamment que « dans le secteur de l’énergie EDF bloque de manière quasi systématique et volontaire l’essentiel des innovations en matière d’énergies renouvelables de même qu’en matière d’efficacité énergétique en France ». En effet, si les entreprises énergétique rachètent ou créent des entreprises dédiées aux énergies renouvelables, le résultat est rarement positif : rachetée en 2009 par EDF, Nexcis, spécialisée dans les panneaux photovoltaïques, est aujourd’hui menacée de fermeture malgré de hauts potentiels de rentabilité.
  • Des lobbys importants : l’ONG Oxfam estimait, en 2013, que le secteur des énergies fossiles avait dépensé pas moins de 213 millions de dollars pour faire pression sur les décideurs publics aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. Autre exemple, pas moins de cinq des membres du conseil d’administration de SolarPower Europe, une importante association visant à promouvoir l’énergie solaire en Europe, sont des représentants d’entreprises pétrolières et gazières comme Total.

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Ecrit par Ecorenove