La société française d’énergie nucléaire ou SFEN, a publié ce début d’année un premier livre blanc sur la cohabitation entre les énergies renouvelables et le nucléaire, visant une entente en faveur du mix énergétique. Mais aussi les bonnes faveurs du futur gouvernement à venir post élections présidentielles d’avril 2017.

Les énergies renouvelables de plus en plus compétitives

On a plutôt coutume de les opposer, l’une étant plus classiquement l’ennemie de l’autre. Aujourd’hui, il semble que l’idée d’une cohabitation entre les énergies émerge, face à la vague des énergies renouvelables. En effet, de plus en plus compétitives, elles intéressent de près la SFEN qui n’entend pas l’idée de se passer du nucléaire, et souhaite voir comment composer intelligemment en faveur du mix énergétique. En effet, difficile de savoir le réel cycle de vie selon celles-ci, puisqu’entre l’extraction, le transport du combustible et la déconstruction, on n’a idée précise du coût qui sera associé au démantèlement des centrales nucléaires. Cela dit, la SFEN souligne que si elle émet tout de même du gaz carbonique, il s’agit tout de même d’une énergie bas carbone. Consciente de la révolution liée aux énergies renouvelables et leurs usages, le nucléaire va devoir ici inexorablement gagner en souplesse pour s’adapter et les accepter prioritairement sur le réseau. Pour rester dans la course, la société énonce notamment différents projets dont le power-to-gas ainsi que différents dispositifs de soutien, en guise de propositions.

Les énergies renouvelables changent la donne (du nucléaire, entre autres)

Amoindrir la production d’énergie nucléaire ou / et l’exporter en faveur du renouvelable va accélérer l’enclenchement de nouvelles stratégies de distribution, car les énergies renouvelables sont prioritaires sur le réseau. Les grands acteurs comme EDF montrent patte blanche auprès de ces dernières et s’emploient à montrer leur engagement pour aider leur financement. S’il s’agit d’une réconciliation affichée en vue également de rester dans le circuit, du côté du nucléaire, il reste difficile de ménager les esprits écologiques s’agissant des risques et des déchets occasionnés par l’emploi du nucléaire. Néanmoins, changer les modes de consommation pour être une société éco-responsable, ne pourra pas se limiter au simple emploi d’un meilleur mix électrique, et la fermeture de centrales. L’enjeu des énergies renouvelables, dans ses ambitions et son emploi, se relance ainsi perpétuellement dans la définition de l’alimentation du futur. En tous les cas, la volonté de la SFEN est de défendre une politique nucléaire à l’échelle européenne via un projet « French Tech Nucléaire », dans l’optique d’accélérer la mise en oeuvre d’innovations dans ce secteur.

Relier les actions pour plus d’efficacité ?

Cela ne nous dit pas si les centrales seraient prolongées et la suite de l’histoire mais, une chose est certaine, c’est que l’intérêt manifeste de la SFEN pour les énergies renouvelables ici témoignent de leur poids, et de la difficulté pour l’organisme d’accéder à la réduction de sa participation dans la production d’électricité, prévue de 75% à 50% en 2025 via la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Selon lui, il faudrait non pas substituer ces énergies au nucléaire quant aux logiques d’émissions de CO2 et de compétitivité, mais piloter plus intelligemment le mix énergétique bas carbone fonction des coûts engendrés par une action, et la mesure de ses réductions de CO2. Et pour cela, l’organisme propose que le pilier de la transition énergétique soit l’énergie bas carbone. Sans aller au détail des propositions de la SFEN, cela montre un signal fort quant à l’avenir des énergies renouvelables, qui, au delà d’être dans le scope de différentes problématiques (réduction gaz à effets de serre, autoconsommation, gestion de la chaleur, etc.) promettent de bien nombreuses formes de développement et d’innovations encore à venir.

Ecrit par Ecorenove