Retenez bien sa définition parce qu’elles arrivent en force en France sur 2017 : les obligations vertes – employées plus largement au pluriel – sont des « nouvelles » obligations financières, dont le but est d’investir les projets environnementaux. Elles concernent aussi bien le déploiement des énergies renouvelables que l’efficacité énergétique en elle-même.

Principe et intérêt des obligations vertes

Dans ce qu’il est de la finance durable, les obligations vertes ou « green bonds » font encore un peu figure d’ovni, mais cela ne va pas durer. En effet ces titres de dettes ou emprunts, qui sont émis sur un marché financier afin de développer des projets en charge de lutter contre le réchauffement climatique et soutenir la transition énergétique, sont en pleine expansion dans le monde. Avec la finance verte donc, il doit être plus aisé de trouver des fonds destinés au financement de sa transition énergétique, qu’il s’agisse d’énergies renouvelables, de l’adaptation aux changements climatiques, de l’exploitation durable des terres, ou de gestion durable des déchets. Aussi, l’obligation verte vise surtout les investissements en équipements et infrastructures, et, à la différence des obligations traditionnelles, elle finance bien exclusivement des projets verts. Mais, pour être qualifiée de verte, il faut répondre à des critères partagés universellement par les investisseurs à l’instar de sa seule qualification par son émetteur. Dans un premier temps, l’émetteur présente donc le projet aux investisseurs ; ensuite fonction de sa pertinence et sa traçabilité, il doit publier un reporting d’impact qui peut être étudié par un expert (analystes ISR) afin de vérifier la conformité de l’utilisation des fonds. Si ce dernier ne satisfait pas aux critères requis, le fonds peut contraindre à la revente de l’obligation.

Les acteurs en place

Différentes typologies d’acteurs sont en place mais pas avec la même importance : les premiers à avoir investi le terrain sont la Banque mondiale, les banques de développement, ainsi que la Banque européenne d’investissement. Les banques privées ont suivi, par exemple avec HSBC ayant investi un premier titre de 500 millions d’euros sur 5 ans en novembre 2015. Les grandes entreprises se sont aussi penchées sur le sujet dès 2013, EDF ayant notamment levé 1,4 milliards d’euros en lien avec 13 projets (photovoltaïque, éolien, etc). Les secteurs de l’énergie et du BTP comme Air Liquide, Schneider Electric and co ont globalement naturellement pris le mouvement dans la foulée.
Enfin, les collectivités territoriales sont en développement avec une plus large marge de manoeuvre, sachant qu’en 2012, seules quelques unes ont émis des obligations vertes pour financer des projets de transports en commun dont le Nord-Pas-de-Calais, l’Ile-de-France, et la région PACA. La ville de Paris se joint au mouvement de la transition énergétique quant à elle en 2015.

Quelle évolution sur 2017 des obligations vertes ?

Avec une répartition actuelle des obligations vertes éclatée entre les entreprises (32%), les banques commerciales (28%), le secteur public (26%), et les collectivités locales (14%), il y a de la place pour nettement développer ce levier de financement, tant auprès des autres collectivités, qu’auprès des entreprises. Cela permettant aussi de donner de l’envergure à certaines valeurs via un engagement. La France a notamment affichée ses ambitions en avril dernier, François Hollande annonçant que Paris serait leader de la finance verte. Estimé à près de 160 milliards de dollars sur 2016, le volume d’émission de ces obligations vertes ou « green bonds » devrait grimper de 50 à 100 milliards en 2017. Aussi, elles ne servent pas au seul financement des projets novateurs pour les énergies renouvelables ou technologies propres : le prêt à la consommation pour l’achat de véhicules propres est concerné également par exemple, ou encore l’agriculture. Elles peuvent donc servir les projets de l’industrie traditionnelle dès lors que la contribution à la réduction d’émissions ou à l’efficacité énergétique d’infrastructures est avérée. A noter que certains secteurs sont donc exclus de cet univers d’investissement, comme le charbon ou encore le transport aérien.

Ecrit par Ecorenove