Encourager la mise en place de constructions à énergie positive, telle est la vocation de ce label qui doit être testé par les professionnels dans l’optique de devenir une règlementation environnementale en 2020. Energie plus Carbone moins, et plus globalement appelée « E+C-« , il vise à concilier les ambitions en matière de performance énergétique, à la réduction de gaz à effet de serre.

Performance énergétique : l’énergie positive comme leitmotiv

Afin d’anticiper la nouvelle réglementation thermique et environnementale à venir sur 2020, c’est une expérimentation qui doit courir jusque fin 2018 sous l’appellation et le label « Energie-Carbone », pour compléter ceux déjà en place que sont HQE (Haute Qualité Environnementale), Effinergie, et enfin Bas Carbone. Le but est aussi de pousser cet élan avec le retour d’expérience qu’il requiert, car les bâtiments BEPOS (bâtiments à énergie positive), ne représentent pour le moment que près de 400 constructions sur le territoire français. L’avantage est également qu’il vise à préparer les constructeurs et autres acteurs du bâtiment quant aux exigences de cette règlementation, sur la base du volontariat de ces professionnels. Ce label s’inscrit dans la suite de différents règlements énergétiques qui se succèdent depuis 40 ans, et largement appuyés ces dernières années avec la loi Grenelle 1 en 2009 puis la RT 2012 : cela a permis notamment l’instauration du bâtiment basse consommation. Le BEPOS tient compte d’enjeux environnementaux appréhendés donc déjà depuis un certain temps, et encore plus particulièrement avec la COP 21 qui avait eu lieu à Paris en décembre 2015. Bientôt, votre maison pourra être ainsi labellisée E3 C2 ou E4 C2 par exemple.

Un impact énergétique en faveur de la facture

La bascule énergétique qui s’enclenche, plus qu’une éthique, est aussi nécessité : en effet les autorités compétentes veulent aller plus loin et plus vite en ce qui concerne la diminution des émissions de CO2, dans l’optique de mieux maîtriser le réchauffement climatique. En cela il doit aussi faire inexorablement baisser les coûts qu’il s’agisse de factures de propriétaires ou de locataires. Et avec un objectif de -40% à horizon 2030, les choses doivent s’accélérer. C’est dans cette optique que cette expérimentation prend racine, car elle vise pour les professionnels à également évaluer les impacts d’autres règlementations en vigueur et mesurer les éventuels surcoûts liés aux niveaux obtenus. Tout doit être donc parfaitement étudié afin d’avoir des informations pertinentes sur lesquelles s’appuyer quant à la règlementation prochaine de 2020, en considérant pleinement l’empreinte carbone sur tout l’ACV du bâtiment (Analyse du Cycle de Vie) : fabrication, MOA, exploitation et démolition ou recyclage. Des aides seront également octroyées pour les maitres d’ouvrages qui souhaiteraient faire des calculs d‘ACV, avec un financement pouvant aller jusque – 50% du montant des études (plafonné à 10 000€)

Règlementation thermique : certificateurs et certifications

Adapter la prochaine règlementation thermique en fonction des résultats de cette expérimentation est donc l’objectif. Pour bien faire ces derniers seront étudiés par un comité de pilotage, dirigé conjointement par différents acteurs de l’énergie ainsi que l’Etat. Cinq organismes certificateurs existent pour valider les bonnes oeuvres : Céquami, Certivéa, Cerqual, Promotelec service, et Prestaterre. Pour ce label qui est issu du travail combiné des acteurs de l’énergie et du bâtiment, il y a des niveaux de certification reprenant ceux du RT 2012 (4 niveaux), ainsi que l’ajout de deux facteurs que sont le BEPOS et le GES (gaz à effet de serre). A noter qu’au delà des usages pris en compte dans la RT 2012 (climatisation, éclairage, ECS, chauffage), le label Energie-Carbone entend tenir compte des usages et consommateurs d’énergie de tous bords, et, met en place un objectif clair de limitation de la production de CO2. 30% de bonus de constructibilité sont donc accordés pour le label E+C-, conditionnés aux niveaux Energie 3 minimum, et Carbone 2. En conclusion, les niveaux d’exigence sont toujours plus forts en faveur des énergies positives et de leur impact pour la performance énergétique : ces aspects doivent servir l’environnement, autant qu’un confort global de vie.

Ecrit par Ecorenove