Avec l’été, on aime profiter du soleil. En terrasse certes pour un verre, et pourquoi pas au restaurant aussi. Et quoi de mieux ici, que d’en avoir l’expérience la plus originale en profitant d’un restaurant solaire, ou dit autrement, propulsé à l’énergie solaire ? Pour découvrir ce dernier qui a (ré)ouvert début mai, il faut se rendre du côté d’Aubagne : et vous verrez que la cuisine solaire, ce n’est pas qu’un terme marketing.

Un restaurant solaire comme test d’un modèle éphémère

Baptisé le Présage, le restaurant qui a ouvert ses portes ce mois de mai pour une durée de quelques mois fait office d’expérimentation pour éprouver son modèle sur les plans technologique économique et humain, et le valider au contact réel du public. Néanmoins, pour toute personne qui aura la curiosité de vouloir tester le concept, il faut adhérer à l’association « Rêves Germés » comme ticket d’entrée. Crée par Pierre-André Aubert, un ancien ingénieur en construction aéronautique reconverti en cuisinier écolo, le concept est mis au point en 2015 : de la cuisine bio autant que possible, de saison et locale, cuisinée à l’énergie solaire. L’inspiration ? Elle vient en bonne partie des barbecues solaires dont la tendance est assez développée en Australie ou encore en Amérique latine. En revanche, ces derniers, peu pratiques, ne sont pas adaptés hors loisirs à une utilisation professionnelle comme à l’image d’un restaurant. En plein air, le restaurant Le Présage utilise donc à cet effet le système de miroir « Scheffler » : un miroir parabolique d’une hauteur de 4m pour capter les rayons du soleil et les refléter sur un autre miroir plus petit destiné à chauffer la plaque de cuisson. Cette dernière, dont la température peut aller de 80 à plus de 400 degrés, permet d’adapter la cuisson pour tous types d’aliments.

Un restaurant solaire complètement autonome

Le système de miroir utilisé est le même que celui que l’on peut trouver dans des cantines situées en zone rurales dans les pays en développement, ou encore dans des cuisines centrales à vapeur, dont la plus importante, avec ses 84 miroirs, peut produire plusieurs milliers de repas par jour. Entre son fourneau et son système de recyclage des déchets, le restaurant est autonome à 100% et répond à la promesse d’une réduction tangible de son empreinte carbone. Le tout dans la bonne humeur, en profitant des vitamines inhérentes à la cuisine comme au soleil. Si la France ne fait pas encore parti des pays les plus écologiques du monde, elle innove en valorisant une pratique professionnelle inédite de la restauration. Enfin, avec les tarifs abordables vraisemblablement proposés, Ecorenove adhère au concept : le restaurant se situe dans une ancienne serre horticole réhabilitée, pour s’imprégner pleinement de l’environnement local. A noter que le système utilisé permet également de déporter la lumière pour cuisiner en intérieur.

Ecrit par Ecorenove