Afin de lutter contre l’échec scolaire dans les zones non reliées au réseau électrique, la société SolarPak a inventé un sac à dos équipé d’un panneau solaire ou cartable solaire. Celui-ci capte et stocke l’énergie de la journée pour la restituer avec une lumière autonome pendant 4 à 5 heures.

Un cartable solaire contre l’échec scolaire

Les zones rurales d’Afrique fonctionnent le plus souvent avec la lumière du jour, certains ménages ne disposant que d’une lampe-tempête ou lampe à pétrole pour toute la famille, utilisée essentiellement pour la cuisine ou pour d’autres travaux. De ce fait, les enfants qui rentrent de l’école disposent de très peu de temps pour étudier et réaliser leurs devoirs avec la lumière du jour. Et c’est la dessus que la société entend agir, en proposant un produit révolutionnaire : un sac à dos qui fournit de l’électricité via un panneau solaire qui se recharge avec la lumière du jour et les rayons du soleil. En effet, il alimente une lampe Led qui permet de poursuivre ses études après le coucher du soleil. Dans sa dimension sociale, l’entreprise a d’ores et déjà distribué gratuitement 500 sacs à des élèves situés dans des zones coupées de tout réseau électrique. Avec plus de 5000 commandes déjà enregistrées, l’optique est de distribuer de 100 000 à 500 000 sacs dans le cadre d’un projet pilote, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale de Côte d’Ivoire.

Un marché colossal pour un projet mondial

Avec ce partenariat, la société table sur un chiffre d’affaires entre 300 000 et 400 000 euros. Mais elle ne compte pas s’arrêter là. Le jeune entrepreneur a l’origine du produit, Evriste Akoumian, souhaite industrialiser sa production et ainsi développer des partenariats pour l’aider à financer l’achat des machines et matière première nécessaires : après avoir injecté 60 000 euros de fonds personnels pour développer les premiers sacs, c’est 500 000 euros qu’il recherche actuellement auprès d’investisseurs, pour ouvrir une première usine de fabrication à Abidjan. Elle permettrait aussi de créer une centaine d’emplois dans le pays. De plus, en ouvrant d’autres partenariats pour faciliter sa démarche de production par ailleurs, elle pourrait fournir de la même façon les pays voisins comme le Niger ou le Sénégal, soumis aux même problématiques. De manière générale, le fondateur de Solarpak affirme que les pays comme le Cameroun, la Guinée ou encore le Burkina Faso ont déjà témoigné de leur intérêt pour ce cartable solaire. Des associations françaises intervenant au Mali ou à Madagascar ont également déjà commandé des exemplaires de ces sacs à dos révolutionnaires. Avec 700 millions d’Africains qui n’auraient pas couramment l’accès à l’électricité selon l’Onu, le marché potentiel est immense. Et si l’on y ajoute l’Amérique latine et le Moyen Orient, on arrive à une dimension titanesque.

Un produit modulable pour défricher les différents marchés

Si des groupes de randonnée ou de scouts peuvent aussi passer commande pour alimenter leurs futurs camps, les co-fondateurs cherchent à développer des partenariats de tous types : écoles, institutions, ONG, etc. A l’occasion de la COP22 qui s’est déroulée à Marrakech, ils ont présenté leur cartable solaire à différentes organisations internationales (Unesco, Pnud, etc) pour les séduire, sachant que de l’autre côté, le sac est commercialisé une vingtaine d’euros environ actuellement. L’optique est aussi d’avoir un coût de production à terme en baisse (35% du prix de revient), quand celui-ci sera produit en Côte d’Ivoire : en effet, avec cette même logique de coût les sacs sont pour le moment produits en Asie. A noter que la société a participé récemment à la Global Social Venture Compétition, qui récompense les meilleurs projets, à impact social et environnemental. Elle montre aussi le pouvoir du solaire comme énergie citoyenne, et propre : peut-être qu’elle finira bien dans le futur par investir pleinement toutes les maisons ?

Ecrit par Ecorenove