L’Afrique voit sa production d’énergies renouvelables se doper d’année en année, et celle-ci devrait exploser d’ici la prochaine décennie. A quelques jours de la seconde édition de la semaine des énergies renouvelables d’Afrique ayant lieu à Ouagadougou, petit état des lieux des top performers.

L’Afrique championne de la production d’énergies renouvelables

Selon un rapport du Forum économique mondial intitulé Global Energy Architecture Performance Index, L’Ethiopie, première du classement, affiche plus de 90% de sa production d’électricité via les énergies renouvelables. Aussi dans les 10 pays comptant le plus d’énergies développées en alternative du nucléaire, on retrouve 7 pays africains, avec notamment derrière l’Ethiopie, la Zambie, le Mozambique ainsi que la Tanzanie. Véritable moteur en lien avec un développement social du continent, ces énergies proviennent en grande majorité des technologies solaires. Pour les autres, et hormis l’Afrique du Sud seul pays à compter sur du nucléaire, la part des énergies sans émission de gaz à effet de serre est d’ores et déjà largement dominante : le volume d’installations hydrauliques et géothermiques est très important. Pour descendre un peu plus dans le classement, et selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), derrière l’Islande et le Népal on retrouve par exemple dans le top 20 du classement le Kenya (82,84%), le Togo (82,31%), le Nigeria (80,96%), mais aussi la Côté d’Ivoire, le Zimbabwe, le Cameroun, ainsi que la République du Congo. De nombreux barrages de taille gigantesque sont également encore en construction, en Ethiopie notamment.

Renouveau énergétique au Ghana et en Guinée en vue.

Le Ghana, depuis les années 80, a enchaîné les crises énergétiques et avait une situation désastreuse quant à l’alimentation même de ses grandes agglomérations via des délestages successifs. Si les gouvernements précédents ont peiné à trouver une solution durable, notamment à mesure que l’économie nationale progresse, le gouvernement actuel a avancé un nouveau plan de relance énergétique en mars 2017 pour palier l’augmentation galopante des besoins, notamment celui de la productivité des entreprises au global. En effet, ce renouveau énergétique est en lien avec les points de croissance auxquels peut prétendre le pays, l’urgence est donc pleinement considérée, en sachant la dette titanesque entretenue par les politiques énergétiques précédentes. Cette dette, s’élevant à plus de 2 milliards d’euros, est un handicap que le NPP (nouveau parti patriotique) entend lever via une libéralisation progressive du secteur de l’énergie : le développement du réseau électrique devrait ainsi prendre un nouvel envol via la vente d’actifs devant désengorger la dette gouvernementale, tout en finançant d’autres moyens de production renouvelables. Le programme est ambitieux quant à l’usage d’énergies vertes, avec un objectif de pouvoir fournir rapidement 2 à 3% de la production nationale. Mais aussi à terme d’alimenter des milliers de foyers situés dans des collectivités hors réseau. La Guinée, dont le Président était en visite en France début avril, a également mis en place différents accords de coopération bilatérale quant à l’environnement, afin de doper ses équipements électriques en zone rurale notamment. Les projets concernant également plus globalement les infrastructures, également concernant la gestion de l’eau et des déchets. Des premières concrétisations devraient avoir lieu au cours du semestre avec une solution mobile d’électrification rurale, notamment avec une installation solaire pilote d’électrification dans un village isolé de Haute-Guinée.

Le Togo dans l’oeil de l’innovation énergétique

La société française Wil Invest a ouvert ce début de semaine une rencontre à Lomé avec différents chefs d’entreprise pour échanger sur les énergies renouvelables et avec l’optique de trouver son lauréat. Celui qui présentera le projet le plus important en matière d’innovation énergétique se verra accorder une prime pour pourvoir à son développement. L’idée est ici d’accompagner les porteurs de projets à trouver les financements nécessaires pour déclencher les opérations, tout en nouant des partenariats de qualités avec d’autres sociétés européennes.

Ecrit par Ecorenove