Après les Hauts-de-Seine et la Normandie l’année dernière, la société Wattway embrasse le projet de nouveaux tronçons avec une route solaire qui doit alimenter la gare de péage de Saugnacq-et-Muret à la mi-mai, dans les Landes.

Route solaire : le le fruit de plusieurs années de recherche

Le projet Wattway est en cours d’expérimentation en plusieurs endroits en France depuis un peu moins d’un an, faisant suite à cinq années de recherche du côté de Colas et l’Institut national de l’énergie solaire : c’est un peu plus d’une dizaine de revêtements photovoltaïques qui sont désormais posés et opérationnels sur le territoire actuellement, avec un lot de commandes équivalent en cours. Ainsi, la prochaine route solaire qui doit être mise en service ce mois est basée en Nouvelle-Aquitaine, notamment au niveau de la gare de péage de Saugnacq-et-Muret, située sur l’A63 dans les Landes. Ce sera 50m2 de panneaux photovoltaïques qui alimenteront la gare en électricité, dans une optique d’autoconsommation. Avec un ensoleillement nul ou presque la nuit, la production sera à l’arrêt, le réseau Enedis prendra donc le relais. Le projet, issu de discussions majeures entre Atlandes et la société Colas, englobe plus largement des réflexions autour des possibilités de production d’énergie innovantes sur l’Hexagone. A terme, le leitmotiv est de voir comment optimiser et faire communiquer les infrastructures, au delà des autoroutes. Et pourquoi pas alimenter les aires de repos et de services avec d’autres panneaux, selon le DG d’Atlandes, Olivier Quoy.

Une technologie unique à géométrie variable

Réparties sur 50m2, les dalles doivent permettre une production de 7 à 8 MWh par an selon Colas, sur une dizaine d’années. Collées à la chaussée de façon classique, elles sont de très faible épaisseur avec leur 7 millimètres, légères (7 kg/m²), et dotées de cellules photovoltaïques en silicium. Très résistantes, elles sont aussi antidérapantes grâce à une plaque de résine qui les recouvrent.
La technologie à l’origine de celles-ci, unique au monde, montre une innovation française en bonne voie : on peut marcher dessus, et faire rouler voitures et poids lourds. Protégée par 3 brevets, son utilisation ne permet pas encore d’avoir un net recul à son propos, mais la phase d’expérimentation ne fait mention d’aucun problème pour l’heure. Enfin, il s’agit bien davantage d’un projet que d’un produit : la R&D est constamment investie dans une démarche territoriale de sécurisation de l’énergie, au delà de l’idée d’une quelconque rentabilité. Cette route solaire, en voyant son développement se profiler par ailleurs, verra donc certainement son modèle évoluer : si l’on considère des besoins énergétiques qui devraient doubler d’ici 2050, et l’importance de la mobilité dans l’apport énergétique, il y a donc de nombreuses choses à investir.

Ecrit par Ecorenove